La mauvaise foi n’est pas une qualité
C’est la peur qui se cache derrière le masque. Assumer ses imperfections est ce qu’il y a de plus attirant.
Nous y avons tous été confrontés, peut-être chez quelqu’un d’autre, peut-être, si nous sommes honnêtes, chez nous-mêmes. La mauvaise foi dans une discussion se manifeste par le fait de changer les règles du jeu, de refuser de reconnaître un argument valable, de feindre de ne pas comprendre, ou de camper sur ses positions alors qu’on sait au fond de soi que l’on a tort. Dans la vie, cela se traduit par le refus d’admettre une erreur, par le fait d’avoir toujours une excuse, ou par la présentation de chaque situation de manière à en sortir indemne. Cela donne l’impression d’une protection. Cela donne l’impression d’une force. Mais c’est le comportement de quelqu’un qui est terrifié à l’idée que se tromper signifie être sans valeur, que ne pas savoir quelque chose signifie être incompétent(e), et qu’être tenu(e) responsable signifie être détruit(e). Cette peur est compréhensible. Mais agir sous son emprise ruine discrètement tes relations, ta réputation et ton épanouissement.
« La mauvaise foi ne te protège pas. Elle ne fait que clamer haut et fort que tu ne te sens pas encore assez en sécurité pour être humain. »

N’en aie pas honte. Cherche simplement à remonter à l’origine du problème. Peut-être as-tu grandi dans un environnement où les erreurs étaient sévèrement punies, où admettre ses torts entraînait le ridicule, le rejet ou la perte de l’amour. Tu as donc appris à te défendre, à détourner l’attention et à nier la réalité comme stratégie de survie. Le problème, c’est que tu n’es plus dans cet environnement, mais que ton système nerveux continue de fonctionner selon ces anciennes règles. Et ces règles te coûtent très cher aujourd’hui.
Voici ce que tu dois savoir :
Ne pas tout savoir n’est pas un défaut. C’est ce qui te rend curieux(e), ouvert(e) à l’apprentissage et intéressant(e) à côtoyer.
Dire « j’avais tort » ne fait pas de toi une personne faible. Cela fait de toi quelqu’un en qui les gens peuvent vraiment avoir confiance.
Être tenu(e) responsable n’est pas une atteinte à ta valeur. C’est une invitation à grandir, et choisir de l’accepter est l’une des choses les plus courageuses qu’une personne puisse faire.
Le but n’est pas d’être parfait(e). Le but est d’être authentique. C’est l’authenticité qui crée des liens. La perfection, elle, épuise tout le monde, y compris toi.
Ce que la plupart des gens oublient : l’honnêteté intellectuelle, la responsabilité sincère et la volonté de dire « je ne sais pas » ou « je me suis trompé(e) » ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des qualités extrêmement rares. Et parce qu’elles sont rares, elles sont magnétiques. La personne dans la pièce qui est capable de changer d’avis face à de nouvelles preuves, qui peut assumer une erreur sans s’effondrer, qui peut s’engager dans un désaccord sans avoir besoin de gagner à tout prix, gagne un respect profond et durable. La mauvaise foi, en revanche, peut te faire gagner sur le moment, mais elle érode la confiance lentement et sûrement jusqu’à ce que les gens cessent complètement de s’engager avec toi. Non par jugement, mais par épuisement. Ce n’est pas en étant imparfait(e) que tu repousses les gens. C’est en prétendant ne pas l’être.
Il ne s’agit pas ici de t’encourager à devenir une personne facile à manipuler ou à renoncer à tes convictions. Il s’agit plutôt de développer ce genre de sécurité intérieure qui n’a pas besoin d’être défendue à tout bout de champ. Lorsque tu sais que ta valeur ne dépend pas d’avoir raison, tu peux te permettre d’être honnête. Lorsque tu es convaincu(e) que le fait d’admettre une lacune dans tes connaissances te rend plus crédible, et non l’inverse, tu cesses de feindre une certitude que tu n’as pas. Cette assurance, cet ancrage, cette volonté d’être pleinement humain face aux autres, voilà ce qui attire les gens. Voilà ce qui ouvre des portes. Voilà ce qui permet de construire le genre de relations, d’opportunités et de réputation qu’aucune argumentation, aussi convaincante soit-elle, ne pourrait jamais offrir.
Ceci est un rappel : tu as le droit de ne pas savoir. Tu as le droit de t’être trompé(e). Tu as le droit de grandir, de changer et d’être meilleur(e) qu’hier, sans prétendre que la journée d’hier n’a jamais eu lieu.